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Le mariage à Madagascar

Cette précocité est souvent avancée par suite des relations que les petites filles ont fréquemment avec des jeunes gens avant d'être nubiles : sur la côte Ouest, chez les Antifiherenana, par exemple, une fille perd très souvent sa virginité avant d'être réglée, parce que, disent les mères, « s'il n'en était pas ainsi, le sang ne sortirait pas et les étoufferait » ; il faut attribuer à la même crainte superstitieuse l'usage dont parle Vincent Noël : « les jeunes filles du Boina se déflorent elles-mêmes quand elles n'ont pas été déflorées dès leur bas âge par leur mère ».

La menstruation apparaît d'ordinaire de 11 à 12 ans, quelquefois seulement de 12 à 13 ans, chez les femmes malgaches d'origine indo-mélanésienne, à cheveux crêpés, et de 12 à 13 ans seulement, comme en Europe, chez celles d'origine javanaise, à cheveux droits et lisses. Elles sont, en général bien réglées; l'écoulement menstruel, peu abondant, cesse vers la 40e année en moyenne ; elles n'ont jamais de relations avec les hommes pendant les époques.

Le mariage à Madagascar diffère totalement du mariage tel qu'il existe en Europe, où, depuis longtemps, il est considéré, tout à la fois, comme un sacrement et comme un pacte légal qui établit entre les époux un double lien religieux et civil, en quelque sorte comme un contrat synallagma- tique par lequel les époux se promettent assistance, amour et fidélité, où la jeune fille apporte en dot sa virginité. A Madagascar, c'est un accord purement verbal, une association de deux contractants résultant du simple échange des volontés requises par la coutume, accord, association toujours précédés, avant que la famille soit appelée à les sanctionner, d'une période plus ou moins longue d'essai, d'union libre.

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La beauté morale de la virginité et de la chasteté, le charme de la pudeur ne sont ni compris, ni appréciés par les Malgaches qui n'attachent aucune importance a la chasteté des jeunes filles, ni à la virginité de leurs épouses : « la chasteté, écrivait Eilis, en , est contraire à la loi malgache et jamais un homme qui se marie n'y compte », et Razafiman- dimby, un fin lettré malgache bien connu sous le pseudonyme de Nimbol Samy, dit : « Nous ne tenons pas à la virginité; au contraire, elle nous.

rend défiants, inquiets ». Les parents favorisent les rapports de leurs filles avec les hommes ; dès qu'elles sont en âge de comprendre, souvent même avant la puberté, avant la menstruation, à 10, à 11 ans et souvent plus tôt, leur éducation de femme commence et elles peuvent a leur gré se livrer à qui bon leur semble, ce dont elles ne se font pas faute, sans avoir à craindre de ne pas trouver à se marier plus tard, car plus une femme a d'enFants, plus elle est recherchée : un Malgache à qui deux femmes plaisent également, prend toujours pour épouse légitime cellequi a déjà eu des enfants, surtout celle qui les a encore vivants, et ces enfants.

Il est en effet. universellement admis que les jeunes filles, dès qu'elles sont pubères, doivent suivre leurs inclinations; les relations sexuelles entre un jeune homme et une jeune fille, entre un homme et une femme sont, aux yeux des Malgaches, un acte tout naturel, nullement reprehensible et qui n'a pas à redouter le grand jour, et la jeune fille comme la femme non mariée se donne ou plutôt se prête à qui elle veut, sans qu'il en rejaillisse sur elle le moindre discrédit ni la moindre défaveur, pourvu toutefois qu'elle respecte certaines interdictions.

Il ne convient pas cependant qu'une jeune fille change continuellement d'amoureux, à moins qu'elle n'y trouve son intérêt, car où il y a profit, il n'y a pas de honte- Dans quelques clans de la côte Sud-Est, les jeunes filles ont plus de. retenue et on y trouve assez souvent de grandes jeunes filles encore vierges; le Dr Catat dit que « entre Fort-Dauphin et Vangaindrano, contrairement à ce qui se voit partout ailleurs à Madagascar, le mariage est le commencement de la vie de la femme, au lieu d'en être la fin ».

Du temps deFlacourt, au xvue siècle, «les femmes et les filles n'étaient pas si débordées débauchées chez les Zafibrahim Zafy Boraha, habitants de l'île Sainte-Marie et de la côte voisine qui descendaient d'immigrants juifs que du côté d'Anosy et du Malitanana; elles sont d'aussi difficile accès que nos filles de France, car les pères et les mères les gardent aussi soigneusement ». On peut s'écrier « Quantum mutatus ab Mo! Vincent Noël dit que, dans le Boina, « les princesses, contrairement à l'usage général, restent intactes ou du moins sont censées demeurer telles jusqu'à leur mariage.

Manifester le moindre doute à cet égard est- un crime de lèse majesté ». Les princes du Nord-Ouest ont en effet adopté, dans une certaine mesure, les mœurs musulmanes. très proches parents et on ne peut pas dire qu'elles soient sans pudeur. Quant à la chasteté, elle est, à quelques rares exceptions près, ignorée, incomprise de la jeune fille malgache aussi bien que de la femme mariée, qui n'ont ni scrupules, ni retenue sexuelle ; il y a cependant des cas par» ticuliersoùla femme entre en retraite et doit, sous peine des plus terribles châtiments, momentanément garder une chasteté absolueetles malgaches arabisés, Roandriana ou Nobles Antanosy et surtout Nobles Antaimorona, s'abstiennent ou plutôt s'abstenaient de toutes relations, même avec leurs femmes légitimes, pendant le dernier mois de l'année, le mois de jeûne et d'abstinence qu'ils appellent Mifehi-vava.

Puisque la jeune fille malgache, tant qu'elle n'est pas mariée, est maîtresse absolue de son corps, dont elle use et abuse a son gré, il n'est pas étonnant que, avant le mariage, le concubinage ou plutôt les unions libres soient de règle à peu près partout à Madagascar. Les parents, en effet, ignorants des devoirs que nous enseignent la civilisation et la morale chrétienne, ne se préoccupent nullement de sauvegarder la vertu de leurs filles, dont ils trafiquent volontiers, car,' comme nous l'avons dit, la virginité n'a nul prix à leurs yeux tandis qu'au contraire la grossesse est un honneur.

Les petits garçons et les petites filles se jouent en. présence de leurs parents qui s'en rient et qui mêmes les y incitent.

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Avant que d'êtres mariées, elles se prostituent à tous venants, pourvu qu'ils paient» et si un homme a manqué à les payer, elles vont effrontément lui arracher son pagne, sans qu'il ose se défendre, mais il tâche d'apaiser celle qui lui demande paiement, de peur de recevoir un affront.

Ainsi, c'est la coutume de ce pays que la fornication entre gens non mariés n'est point un péché envers Dieu et envers les hommes ». Et, en , l'abbé Bour- daise écrivait : « A Fort-Dauphin, les pères et les mères n'attendent pas que leurs enfants de l'un et de l'autre sexe aient l'usage de la raison pour leur apprendre comment on perd la pureté; ils les y excitent eux-mêmes ». Ellis constate de son côté que les Hova ne croient pas que hommes ou femmes doivent garder la continence avant de se marier et le capitaine Carayon a trouvé que, sur la côte orientale, « les filles ont des mœurs dissolues et ne sont pas déconsidérées pour avoir disposé d'un bien qui leur appartient en propre, tant qu'elles ne l'ont pas aliéné en contractant mariage ».

En effet, les jeunes filles malgaches suivent librement leurs instincts sans que personne y trouve à redire : l'amour n'apas une grande partdans ces liaisons, non pas qu'elles n'aient leurs préférences, qu'elles neressentent des inclinations qui sont même quelquefois profondes, qu'elles ne montrent à certains de leurs partenaires plus d'abandon, plus de chaleur qu'à d'autres, qu'elles gardent même à quelques-uns une certaine fidélité, mais c'estque ceux-là savent mieux émouvoir leurs sens, et leur cœur y est rarement engagé : Les Malgaches se servent du même mot «mitangy» pour dire « se louer à gage », comme domestique ou ouvrier, et « avoir desrela-.

tions intimes avec un amant », car, non seulement les étrangers donnent des cadeaux à leurs concubines malgaches, mais les indigènes doivent, eux aussi, leur faire quelque présent, petit présent certainement qui ne se peut comparer a ceux que font d'ordinaire les Européens, mais qui n'est pas moins la rémunération de leurs bons services, et, à celui qui manquerait à ce devoir, elles arracheraient, comme le raconte Flacourt, son lamba et lui ferait publiquement affront de sa lésinerie.

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Elles ne se montrent pas du reste très exigeantes sous ce rapport et se contentent de sauvegarder leur amour-propre : ainsi, par exemple, les jeunes filles Sakalava du Ménabé prisent fort les têtes de « Kelilamana » ou pigeons verts Vinago australû , qu'elles considèrent comme des philtres d'amour, et que vont chasser dans les forêts en leur honneur leurs amants, et celles qui peuvent en montrer le plus sont très fières, et, en Imerina, si au Fandroana, au nouvel an, un galant manquait au devoir traditionnel, à donnera sa belle le jaka comme ils disent, il avait toutes chances de s'entendre répondre à la première faveur réclamée : « Excusez-moi, mon ami, la source de l'amour s'est tarie dernièrement le jour du Fandroana et je n'ai plus de caresses à votre disposition ».

Dans son Grand Dictionnaire manuscrit, le chevalier de Froberville dit: « Que, dans le Nord de Madagascar, lorsqu'une femme qui vit en union « libre avec un homme devient enceinte et meurt soit pendant sa grossesse, « soit en couches, le droit coutumierveut que cet homme donne un certain « nombre d'esclaves à la famille de la défunte et un seul s'il n'y a que « l'enfant qui meurt ».

On peut préjuger, d'après l'exposé que nous venons de faire des us et coutumes des Malgaches et. des idées qu'ils ont au sujet des rapports d'hommes à femmes, que, chez un peuple aussi adonné aux plaisirs charnels, les conversations étaient fort licencieuses, et que les mots les plus grossiers, les plus obscènes étaient continuellement dans la bouche des hommes aussi bien que dans celle des femmes.

Les unions libres, qui n'ont pas reçu la consécration du vody ondry ou du fandeo et où les consorts, quoique vivant maritalement, conservent une indépendance absolue tant au point de vue de leurs intérêts propres qu'au point de vue de leurs faits et gestes, s'établissent le plus souvent, pour les femmes du moins, entre gens de môme condition ou avec des hommes d'une classe supérieure, car il est honteux pour une Malgache d'avoir un enfant avec un homme d'une classe inférieure à la sienne, tandis qu'il est honorable d'en avoir un avec un personnage de distinction, quoique cependant cet enfant suive la condition de sa mère.

D'ordinaire cependant la cohabitation d'un homme ayant un rang dans la société malgache avec une femme d'une classe très inférieure était mal vue ; ainsi au Ménabé, à l'embouchure du Manambolo, l'un de nous a vu un chef Antavelo Vezo qui vivait au bord de la mer dans une misérable hutte de roseaux, à une petite distance du village où étaient établis ses enfants et qu'il habitait lui mêmejadis ; épris d'une Cafrine, il avait quitté sa femme, la mère de ses enfants, au scandale de tous, pour cohabiter.

avec cette esclave. La femme légitime était morte et les enfants, les esclaves de la famille, se sont tous éloignés du vieux chef, ne voulant pas avoir pour maîtresse une négresse nouvellement achetée. Ils n'attendaient tous que la mort du père pour sagayer cette femme qu'ils considéraient comme responsable de la mort de leur mère et maîtresse.

La mise à la disposition des hôtes de distinction de jolies jeunes filles faisait partie des devoirs sacrés de l'hospitalité.

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Il n'y a pas de voyageurs à qui l'on n'ait fait maintes fois de ces propositions hospitalières. pendant neuf jours, ils éprouvèrent ce qu'elles savaient faire, et ils en furent si contents qu'ils les emmenèrent au Fort- Dauphin » Le Gentil, ayant mouillé sur la rade de Foulpointe en , raconte que la femme du chef l'invita d'un air très affable à restera terre et à venir coucher dans la chambre de sa fille qu'elle lui présenta; cette jeune fille, qui s'appelait Volatsara flitt. Une autre fois, un chef de la baie de Fort- Dauphin, auquel il fit visite et offrit un riche cadeau , le pria en grâce de prendre sa femme, une jolie personne de 28 ans, et aussi une de ses tilles, s'il voulait ; cette femme emmena Mengaud de la Haye à l'écart, comme celui-ci la quitta de suite, son mari lui ayant demandé la raison de son prompt retour, en fut fort fâché ».

Les femmes betsimisaraka vont ouvertement au devant des Européens et leur prodiguent avec plaisir leurs plus tendres faveurs. Radama Ier, informé du fait par un témoin, ordonna de la mettre à mort pour ne pas avoir obéi à. Hastie ; ce ne fut sans peine que celui-ci obtint sa grâce.


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Elle alla alors sur l'ordre du roi, chez Hastie qui lui fit un petit cadeau et la renvoya de suite, ce dont elle se montra très froissée. On pourrait citer d'innombrables, cas semblables, mais nous nous contenterons de raconter le fait suivant qui a eu lieu, plus récemment, en Dès que les membres de la mission envoyée par Napoléon III pour assister au couronnement de Radama II arrivèrent à Tananarive, le roi les invita à une soirée, et choisit parmi les femmes présentes quelques jolies Andriana ou nobles auxquelles il donna lui-même l'ordre d'aller s'asseoir sur les genoux de ses hôtes français, et d'être aimables avec eux, entre autres à la fille de Ramboasalama, la fille du prince qui avait été,.

comme l'on sait, l'héritier adoptif de Ranavalona Ire jusqu'à la naissance venue sur le tard de son fils, le prince Rakoto devenu plus tard Radama II; celle-ci se récusa, quoique le roi et la reine lui disent : « Pourquoi ne veux- tu pas obéir, ce blanc est notre ami, notre parent, et, comme tel, peut prétendre aux plus hautes alliances!

Comme elle ne voulut pas cédera leurs ordres, ils la firent sortir du palais dont ils lui interdirent l'entrée pendant quelques jours. Ce refus qu'avait dicté l'inimitié sourde que nourrissait la famille de Ramboasalama contre son heureux rival étonna fort la cour de Radama II où il était d'usage que les jeunes princesses et les filles nubles, aussi bien que les filles hova ou libres, s'en allassent, lesoir, publiquement, suivies d'un cortège plus ou moins nombreux d'esclaves afin que personne n'en ignorât, chez leur amant du moment.

En effet, reines et princesses malgaches, excepté lorsqu'elles étaient mariées à des rois ou a des princes du sang, avaient, non seulement comme le commun des mortels, le droit de donner libre carrière à leurs caprices, mais elles avaient le privilège de désigner, ce qu'elles faisaient souvent en plein kabnry, en assemblée publique, l'heureux homme qu'elles distinguaient et qui, bon gré mal gré, car il ne lui était pas plus loisible de refuser l'honneur qu'on lui faisait que d'oser le solliciter, allait devenir leur amant pour un jour, pour une semaine ou, suivant le hasard des choses, pour un temps plus long, car dès qu'il avait cessé de plaire, elles le congédiaient.

Quant à la femme ou aux femmes de ce favori occasionnel, elles n'ont qu'à se retirer discrètement et sans bruit. Pendant que l'un de nous était au Ménabé, un capitaine, dont le navire était en chargement sur la rade de Tsimanandralozana, fut éveillé, un soir qu'il était déjà couché avec la femme Sakalava qu'il avait épousée à la mode du pays, par les chants d une bande d'individus qui s'était arrêtée devant la porte de la maison, puis, le silence s'étant fait, il entendit cogner à sa porte : «C'est moi, la reine1 », criait Naharo va.

Force lui fut d'ouvrir, tandis que l'épouse Sakalava effrayée courait se cacher dans une autre pièce ; la reine entra avec son cortège et le capitaine dut en passer par où voulut Sa Majesté.

Dans ces cas, quand survient un enfant, la paternité n'est jamais recherchée : les enfants d'une reine ou d'une princesse sont toujours légitimes, même nés hors du mariage: Ranavalona lre a eu son fils Radama II, en , longtemps après la mort de son mari Radama Ier survenu, comme l'on sait, le 27 juillet , et il a été unanimement reconnu légitime. Andrianauipoi- nimetïna, à la tin du xviii" siècle, a ordonné qu'un homme libre, ayant.

des relations avec une esclave appartenant à un autre maître, pouvait être réduit en esclavage, une moitié du prix étant pour le souverain et l'autre moitié pour le fokonolona ou l'assemblée des notables; Ranavalona Ire en puis Rasoherina, dans son code de art. Si un esclave, pénétrant de nuit chez une femme libre, voulait la violenter ou même seulement osait lui faire des propositions deshonnêtes, elle pouvait le faire amarrer et ne le rendre à son maître que contre sa valeur.

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Si les jeunes filles et les femmes Malgaches sont libres de se donner à qui bon leur semble, il y a toutefois diverses - catégories de personnes avec lesquelles les rapports sexuels sont fady [tabou], mifotitra, tsy heny c'est-à-dire plus ou moins formellement interdits. Ny mandry fady, dia meloka [litt. L'inceste, le crime du mandry fady, relevait de la juridiction du clan du coupable : le grand inceste, qui était assimilé au crime de sorcellerie, de mosavy, de vorika, était puni de mort ordinaire de la lapidation; les incestes moins graves,- tels que les relations entre enfants de deux sœurs, n'étaient punis généralement que d'une amende de deux bœufs, qu'on abattait dans le Sud de la maison où le crime avait été commis : le fokon'olonâ, les notables du clan, procédaient au partage de la viande entre ses membres et répandait sur les coupables pour effacer la faute et les purifier, les excréments tirés des intestins : cette cérémonie expiatoire ne levait pas l'empêchement tsy azo alam-pady et le mariage était toujours nul et non avenu, mais elle écartait les malheurs qu'il appelait sur les coupables {ka azo alan-doza.

Sont également tsy heny, prohibées formellement, toutes relations sexuelles entre un homme et une femme et leurs enfants adoptifs, entre un homme et une femme qui se sont faits fatidra, c'est-à-dire frère et sœur par le serment du sang, avec la mère ou la femme de son fatidra ou frère du sang, et au moins chez les Merina, entre un frère et une sœur de lait, c'est-à-dire entre deux enfants de sexe différent, si l'un deux est l'en".

fant de la femme qui a « prêté son lait » mampindrana ronono h l'autre jusqu'à ce que sa mère a été en état de l'allaiter elle-même. Les relations entre ces diverses personnes sont considérées incestueuses, criminelles, et appellent non seulement sur le coupable, mais sur toute sa famille, la colère des ancêtres et de Dieu. Ceux qui commettent ce crime sont soumis à une ordalie, et d'ordinaire, mis à mort.

Si un homme s'introduit la nuit dans la maison d'une parente fady, à un degré prohibé, elle peut, sans crainte d'être poursuivie pour insultes graves et envoûtements, l'injurier et ameuter contre lui les voisins : Aîanjary siva l mandria a'oha amy ny reninao, ary amin'izay ho avy aneo, karilahy! La violation des interdictions sexuelles entraîne pour les coupables des sanctions redoutables, qui se manifestent sur cette terre par des maladies qui tombent soit sur les coupables eux-mêmes, soit sur leurs enfants, soit sur leurs conjoints tout innocents qu'ils soient : aussi les Malgaches lorsqu'ils se sentent gravement malades et qu'ils ont sur la conscience quelque faute de ce genre, ce qui dans un pays où les mœurs sont si libres n'est pas rare, en font- ils la confession publique, en implorant le pardon de Dieu et des ancêtres.

Toutefois, pour terminer la question des interdictions sexuelles, il faut ajouter que quelques clans et quelques familles n'admettent pas de fadibé, c'est-à-dire d'interdictions sexuelles entre leurs membres, quel que soit leur degré de parenté, et où, de iière en fils, l'inceste se pratique ouvertement; dans ces cas, cette coutume, qui est réputée criminelle au plus haut point par tous les autres Malgaches, est considérée comme étant un héritage des aïeux et ces clans, ces familles, se croient tenus delà continuer sous peine d'encourir la colère de leurs ancêtre?

L'un de nous a assisté à une curieuse.

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cérémonie faite précisément à ce sujet : le père de Vazo était moribond et le mpisikily ou devin consulté sur la cause de la maladie, car pour les Malgaches toute maladie a pour cause, soit un sort jeté par quelque ennemi, soit une faute contre les prescriptions des ancêlres, soit la transgression de quelque fady, le devin l'attribua aux relations incestueuses qu'il avait eues avec les femmes de sa famille et dit que pour guérir il devait en faire la confession publique en demandant pardon à Dieu.

Non, il y a une cause à ta colère contre nous. Quelle est-elle? Voici un bœuf que je t'offre, accepte-lé et rends la santé à mon frère î » Une cérémonie toute pareille eut lieu vers la même époque pour le père d'Alidy qui était à l'agonie. Quant aux rois et princes Merina, Sakalava, Bara, et autres à qui du reste tout est permis, puisqu'ils sont une émanation de la divinité ici-bas, il n'ont aucun fady sexuel : non seulement toutes les femmes qui sont sur leur domaine sont sans exception à leur entière dévotion dès qu'ils en ont la moindre envie, mais ils peuvent avoir des relations avec leurs sœurs, avec leurs filles, sans avoir à craindre l'accusation de sorcellerie, accusation si terrible pour leurs sujets.

Le roi du Boina, Andrianahatin- dry, a épousé sa plus jeune sœur, Ratsipirano, après, comme l'indique son nom, qu'elle eut été bénite, et il» en a eu six enfants, et l'un de nous a vu Mahataidaona, jeune prince Sakalava, entretenir publiquement et soc d'anthbop. sans vergogne des relations avec sa sœur ; mai3 aucuns n'ont cette coutume aussi générale que les chefs Bara ; en effet, un certain nombre de ces roitelets prenaient la virginité de leurs filles etvivaientpour ainsi dire en pleine promiscuité avec toutes les femmes de leur famille, les pères avaient commerce avec leurs filles, les frères avec leurs mères, les beaux- pères avec leurs brues, les beaux-fils avec leurs belles-mères; seule, la mère était faly, sacrée, pour ses fils.

Sont au contraire autorisées les relations sexuelles avec les sœurs et les cousines non mariées de sa femme et avec les femmes de ses frères et de ses cousins ou avec les frères et les cousins de son mari et avec les maris de ses sœurs et de ses cousines, ou encore avec la femme ou le mari de son fatidra de son frère ou de sa sœur par le serment du sang et dans son lohateny ou jiva; dans tous les cas, le mari ou la femme légitime ne sont pas en droit de faire un kabary, un procès à leur conjoint infidèle et, pour se venger, ils n'ont d'autre moyen que de lui infliger la peine très douce du talion.

JT 19H DU 12 MARS 2021

Elles sont même obligatoires dans certaines circonstances. Lprsqu'un Malgache arrive chez son frère sans sa femme et que celui-ci est absent, sa belle-sœur lui jette aussitôt sur le dos le lamba de son mari, marquant ainsi qu'il est momentanément le maître de la maison, et elle le traite en effet comme tel ; l'usage veut qu'elle ait même, pendant qu'il cohabite avec elle, le droit comme l'ont les épouses légitimes, d'enlever a toute amato ou femme surprise en conversation intime avec son beau-frère son lamba ; il est ordinaire du reste dans la conversation courante, une belle-sœur appelle son beau-frère valy mon mari.

Si le mari, arrivant la nuit, apprend qu'un de ses beaux-frères ou un de ses frères de sang est dans sa maison, il s'en va demander l'hospitalité pour la nuit à un ami. Est également obligatoire le mariage, non seulement d'une veuve avec son beau-frère, mais aussi entre un fils aîné et les veuves de son père, sa propre mère exceptée, car les femmes qui pendant la vie de leur" mari étaient des fadibé pour les enfants même des autres lits, avec lesquelles par conséquent les relations eussent été incestueuses, criminelles, après la mort de leur mari, faisaient partie de son héritage.

Enfin, soit dans les « beuveries » auxquelles se sont de tout temps adonnées les peuplades des côtes, soit dans le centre de l'île en certaines occasions, les Malgaches se livrent à de vraies saturnales où hommes et femmes, jeunes garçons et jeunes filles commettent les pires excès.

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